Le dernier rapport des scientifiques de la pêche du bar a révélé que les stocks de bars autour de la Grande Bretagne et de l’Europe du Nord sont maintenant en dessous du niveau critique pour lequel la restauration pourrait être garantie. Le conseil du Comité International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) pour 2017 affirme:

Le CIEM conseille que lorsque le principe de précaution est appliqué, il devrait y avoir zéro capture (commerciale et récréative) en 2017.

ANGLING TRUST et BASS (l’association des pêcheurs sportifs du Bar) ont averti les ministres de la pêche de Grande Bretagne et de l’UE que leur défaut de prise en compte de l’avis scientifique et de réduction radicale des quotas de captures commerciales entrainerait beaucoup plus de difficultés à long terme puisque les solutions proposées par le CIEM deviendraient de plus en plus draconiennes.

Ils ont clairement indiqué ne pas s’attendre que les ministres de la pêche de l’UE valident la totalité du conseil du CIEM à propos du bar puisque “aucun moratoire basé sur un conseil scientifique n’a jamais été introduit par le conseil de l’UE dans l’histoire de la Politique Commune de la Pêche.”

Toutes les organisations ont publié une prise de position commune appelant à la fin de la pêche du bar au filet et au statut de poisson réservé à des pêches récréatives et à des pêches commerciales durables, à la ligne et à l’hameçon seulement. Elles veulent voir l’introduction d’une double maille, à la fois pour les ligneurs professionnels et les récréatifs, afin de permettre aux plus gros poissons les plus prolifiques d’être relâchés et de contribuer à la restauration du stock. A la fois ANGLING TRUST et  BASS ont clairement exprimé qu’ils ne voyaient plus de justifications pour de nouvelles restrictions de la pêche récréative au vu de celles introduites l’an dernier avec zéro prise journalière de janvier à juin et 1 seule de juillet à décembre.

Marin SALTER, le coordinateur des campagnes nationales d’ANGLING TRUST a dit: “Les politiques sont les seuls responsables à blâmer, et leur décision évidemment politique prise l’an dernier, en contradiction avec le conseil scientifique clair, d’accorder une exemption de 4 mois et des quotas par bateaux augmentés au profit des ligneurs et des filets maillants au lieu du moratoire de 6 mois était injuste, irresponsable et a causé des dommages supplémentaires au stock de bars déjà menacé. La pêche récréative qui a maintenant un impact très ténu sur la mortalité par pêche du bar supporte une contrainte disproportionnée avec les restrictions de l’an passé et il est grand temps que les politiques se saisissent enfin du vrai problème et mettent un terme à ces pêches au filet insupportables de ce poisson de sport populaire avant qu’il ne soit poussé à l’extinction.”

Ensemble ANGLING TRUST et BASS recherchent un entretien urgent avec George EUSTICE, le Ministre de la pêche de la Grande Bretagne pour discuter de la réponse du gouvernement au conseil du CIEM en vue du Conseil Européen des Ministres de la Pêche en décembre où les décisions finales sont prises.

Nigel Horsman de BASS a dit: “C’est un jour triste pour les stocks de bars et pour les milliers de pêcheurs récréatifs qui prennent tant de plaisir à pêcher le bar. Nous pouvons seulement espérer que les gestionnaires des pêches et les politiques apprennent de leurs erreurs et mettent à profit les leçons des autres pays, comme les USA, qui ont fait face à des situations similaires. Il est impératif que plus aucun risque ne soit pris à propos des possibilités de restauration de ce qui reste du stock de bar. Mais, sous réserve que nous le fassions vraiment, je suis optimiste pour que les stocks se restaurent. Mais nous devons aussi régler la cause sous-jacente à ce problème qui est la sur pêche commerciale à grande échelle.”

David Curtis du groupe militant Save Our Seabass a ajouté: “Il est maintenant confirmé que la pêche commerciale a mis la survie même du stock de bars en danger. Si les politiques ne limitent pas la pêche du bar aux pêcheurs récréatifs et à la pêche commerciale durable à la ligne et à l’hameçon, nous et les générations futures les tiendront pour responsables de la disparition des bars de nos mers.”


Notes

Les stocks de bars en Grande Bretagne et en Europe sont en danger et des actions urgentes sont nécessaires pour protéger et reconstruire des populations matures épargnées. Le déclin est le résultat d’une sur pêche commerciale croissante depuis les années 1985, et pas de la Pêche Récréative en Mer (PRM).

  • Les estimations de l’impact de la pêche récréative sur les stocks de bars varient de 10% à 25% de toutes les captures. De récentes preuves du CEFAS (Centre  Britannique Scientifique pour l’Environnement, les Pêche et l’Aquaculture) et de l’ICFA oriental (Administration britannique de la pêche côtière) montrent comment des données de captures commerciales « officielles » sont massivement sous estimées et suggèrent que l’impact est plus près de 10%. Beaucoup de pêcheurs récréatifs pensent même que c’est encore beaucoup moins.
  • Des organisations comme la Fédération Nationale des Pêcheurs en Mer, maintenant au sein d’ANGLING TRUST et la Société des Pêcheurs Sportifs du Bar (BASS) ont fait campagne pour l’introduction de mesures de protection du bar depuis plus de 20 ans. Un espoir est né en 2004 quand le rapport « Bénéfices Nets » du Cabinet Office a recommandé aux gestionnaires de la pêche de faire du bar une espèce récréative exclusive. Suite à quoi a été publié par BASS en octobre 2004 un Plan de Gestion à Long Terme pour le bar.
  • Malheureusement, le rapport est resté lettre morte, les stocks de bars ont continués à être sur pêchés et la taille minimale de capture insupportable de 36 cm est restée en place jusqu’aux 42 cm mis en place à l’an dernier et attendus depuis bien longtemps, la plus petite taille minimale à partir de laquelle les bars peuvent devenir matures et se reproduire.
  • Le conseil scientifique du Comité International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) en juin 2014 a recommandé que les captures de bars soient diminuées de 80% à travers toute l’Europe pour 2015. Ce conseil a suivi celui de 2013 qui recommandait une réduction de 36% et qui a été ignoré. En 2014, les captures de bars par les bateaux britanniques ont augmenté de 30% (passant de 772 tonnes à 1004).
  • La biomasse actuelle des pêcheries nord atlantique est maintenant estimée être sous le seuil « B-lim » de 5 250 tonnes à partir duquel la restauration future devient critique, bien en dessous du seuil d’alerte fixé par le CIEM à 8 000 tonnes.
  • Les bars sont une espèce emblématique, une cible très recherchée par les pêcheurs récréatifs avec une valeur de 200 millions £ pour l’économie britannique. Il y a 30 ans, ils étaient considérés prioritairement comme une espèce récréative et était sujets à des prélèvements commerciaux très faibles [MAFF 1987].
  • La pêche commerciale à la ligne et à l’hameçon (celle des « ligneurs ») est plus durable et permet de relâcher vivants les bars top petits (et trop gros). Elle correspond à 20 % des bars capturés par la pêche commerciale en Grande Bretagne. Cependant, ce chiffre a pu diminuer à cause de l’augmentation de la taille minimale de capture l’an dernier.
  • Suite à l’échec des négociations au Conseil des Ministres de la Pêche de décembre 2014, la Commission pris la décision inhabituelle de prendre une série de mesures urgentes qui furent confirmées le 23 janvier 2015 par le Comité des Pêches et de l’Aquaculture. Ces mesures incluaient entre autres une taille minimale de capture de 42 cm et une interdiction de chaluter les rassemblements de bars géniteurs pour enrayer le déclin des stocks de bars en Manche, mer du nord méridionale, Mer d’Irlande et mer celtique.
  • La Grande Bretagne a été leader dans l’introduction des mesures de protections urgentes de 2015 au profit des bars. Cependant, la situation a continué à se détériorer. Le conseil du CIEM pour 2016 était de ne pas dépasser  541 tonnes soit une réduction de 90% par rapport à 2014. Mais ces mesures 2015 n’ont probablement réduit les captures que de 36% — la Commission de l’UE reconnaît que ce n’est pas suffisant—et il est maintenant clair que ne seront pas plus efficaces les mesures prises pour 2016 qui ont augmenté les quotas par bateaux  pour les filets maillants et les ligneurs.
  • Le conseil du CIEM pour 2017 est consultable sur ce lien ici